Marché de l’emploi : la baisse ralentit au T3 (-3,1 % d’offres)

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Chaque trimestre, Hellowork, premier acteur digital français de l’emploi et du recrutement, publie son baromètre afin de décrypter l’évolution du marché du travail.

Au troisième trimestre 2026, 2,22 millions d’offres d’emploi ont été diffusées sur la plateforme, tous contrats confondus. Sur la base d’indicateurs lissés sur 12 mois glissants, leur volume recule de 3,1 % par rapport au deuxième trimestre, après −4,9 % au T1 et −4,1 % au T2. La baisse perd ainsi en intensité pour le deuxième trimestre consécutif. Cette amélioration progressive ne traduit toutefois pas encore une reprise : le volume des offres continue de diminuer dans toutes les grandes régions, avec des écarts marqués selon les territoires et les métiers.

 

Parmi les enseignements à retenir :

  • La baisse des offres ralentit, à −3,1 % au T3, après −4,9 % au T1 et −4,1 % au T2. Septembre affiche un recul mensuel limité à −0,7 %.
  • L’intérim résiste mieux que les CDI et CDD : ses offres diminuent de 1,8 %, contre −4,3 % pour les CDI et −6,4 % pour les CDD. L’alternance est presque stable à −0,6 %.
  • Toutes les grandes régions restent orientées à la baisse, de −1 % dans les Pays de la Loire et en Occitanie à −6 % en Île-de-France.
  • Le secteur santé-social progresse de 5 %, sur le périmètre des CDI, CDD et alternances comme en intérim, à contre-courant de la plupart des grandes fonctions.
  • La localisation des opportunités varie fortement selon les métiers : sur les neuf premiers mois de 2026, l’Île-de-France concentre 41 % des offres nécessitant des compétences fortes en Data et IA, contre seulement 7,5 % des offres du secteur industriel.

Le marché de l’emploi ne s’effondre pas, mais ses rouages continuent de se gripper. Les multiples incertitudes internationales et nationales conduisent les entreprises à reporter leurs investissements et les salariés en poste à différer leurs projets de mobilité professionnelle, alimentant la baisse des recrutements observée depuis le second semestre 2024. Pourtant, des pans entiers de l’économie peinent toujours à recruter, notamment dans le soin, la santé et les services à la personne, mais aussi dans certaines activités industrielles, dont la défense, où la localisation des emplois accentue les difficultés.

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David Beaurepaire
Directeur délégué au développement de Hellowork

Une baisse moins forte, mais une amélioration encore irrégulière

La tendance esquissée au premier semestre se confirme : le marché de l’emploi continue de se contracter, mais à un rythme moins soutenu. Le recul trimestriel du volume d’offres passe de 4,9 % au premier trimestre à 4,1 % au deuxième, puis à 3,1 % au troisième.

Évolution trimestrielle du volume d’offres

Les évolutions mensuelles invitent néanmoins à la prudence. Après un recul limité à 0,8 % en juin, la baisse s’est accentuée en juillet (−1,3 %) et en août (−1,2 %), avant une nouvelle amélioration en septembre (−0,7 %). Le marché ne retrouve donc pas les rythmes de baisse observés en début d’année, mais la trajectoire reste irrégulière et aucun retournement n’est encore établi.

Évolution mensuelle du volume d’offres

L’intérim résiste mieux, les employeurs restent prudents sur les CDI et CDD

L’intérim représente 44 % des offres diffusées, devant le CDI (42 %). Avec un recul de 1,8 % sur un trimestre, il résiste mieux que les CDI (−4,3 %) et les CDD (−6,4 %), illustrant la prudence persistante des employeurs dans leurs engagements de recrutement. L’alternance se rapproche, quant à elle, de la stabilité : ses offres diminuent de 0,6 %, après une année 2025 particulièrement difficile.

Évolution semestrielle par type de contrat

La résistance de l’intérim repose notamment sur ses trois principaux domaines : le BTP et la construction (23 % des offres), la production et la maintenance industrielle (23 %), ainsi que la logistique, le transport et la supply chain (17 %). Ils concentrent, à eux seuls, près des deux tiers des offres d’intérim. Leur recul reste contenu au T3 : −3 % pour le BTP et −1 % pour chacun des deux autres domaines.

Les fonctions qui recrutent le plus en intérim

Toutes les grandes régions reculent, avec une meilleure résistance dans l’Ouest et en Occitanie

L’Île-de-France enregistre la baisse la plus importante parmi les grandes régions, à −6 %, notamment sous l’effet du recul des offres dans le secteur de la distribution et les achats, les postes dédiés aux ressources humaines, la formation et le recrutement, ainsi que les métiers du commerce. Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Normandie affichent également des baisses supérieures à la moyenne nationale, à −5 % chacune.

À l’inverse, les Pays de la Loire et l’Occitanie limitent leur recul à −1 %, devant la Nouvelle-Aquitaine et la Bretagne (−2 % chacune). Les besoins dans le secteur santé-social et les services à la personne soutiennent les trois premières. En Bretagne, le domaine santé-social, le BTP et la logistique contribuent à cette meilleure résistance.

Évolution semestrielle des offres en région

La santé-social se démarque dans un marché encore en retrait

Sur le périmètre des CDI, CDD et alternances, les offres du secteur santé-social concentre 15 % des offres et progressent de 5 % sur un trimestre. Les besoins dans le soin et l’accompagnement continuent ainsi de soutenir le marché.

Le contraste est marqué avec les grandes fonctions tertiaires : les offres en comptabilité, gestion, finance et audit reculent de 8 %, tandis que celles des fonctions commerciales diminuent de 7 %.

Les fonctions industrielles restent également en retrait : −6 % pour la production et la maintenance industrielle, −8 % pour les techniciens et l’ingénierie industrielle, et −7 % pour les bureaux d’études et la R&D.

Les fonctions qui recrutent le plus en CDI, CDD, alternance

Les métiers du secteur santé-social se distingue aussi en intérim, avec une progression de 5 %. Elle représente désormais 9 % des offres de ce type de contrat.

Trois des cinq métiers proposant le plus d’offres en CDI relèvent du soin ou des services à la personne. L’auxiliaire de vie arrive en tête, devant l’aide ménager, le collaborateur comptable, l’infirmier et le technicien de maintenance industrielle.

En intérim, l’infirmier occupe la première place, devant le cariste, l’opérateur de production, l’aide-soignant et le maçon. Ce classement reflète le poids du soin, mais aussi la persistance de besoins opérationnels dans l’industrie, la logistique et le BTP.

Top 5 des métiers qui recrutent le plus

Focus géographique : des opportunités très différentes selon les métiers

L’analyse des offres diffusées de janvier à septembre 2026 révèle une forte polarisation géographique. La part des offres localisées en Île-de-France varie de 1,3 % dans l’agroalimentaire à 68,5 % dans la publicité.

Les domaines de la publicité, du marketing et de la communication sont les plus concentrés dans la région : 68,5 %, 45,4 % et 42 % de leurs offres respectives y sont situées. Les métiers de la Data et de l’IA se distinguent également, avec 41 % d’offres franciliennes, contre 29,4 % pour l’informatique dans son ensemble.

Des domaines proches présentent pourtant des géographies très différentes. L’Île-de-France rassemble 34,7 % des offres en finance, contre 12,2 % en comptabilité, et 45,4 % des offres en marketing, contre 18,8 % dans le commerce.

À l’inverse, les opportunités dans la production et les activités industrielles sont largement réparties dans les territoires : seuls 6,3 % des offres en production, 7,1 % dans le BTP et 7,5 % dans l’industrie se situent en Île-de-France. C’est également le cas de l’ingénierie, dont 13,9 % des offres sont franciliennes. Le métier exercé reste ainsi déterminant dans la géographie des opportunités professionnelles.

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Méthodologie

Baromètre établi à partir des offres d’emploi diffusées sur Hellowork, tous contrats confondus. Les volumes et évolutions trimestrielles et mensuelles sont présentés sur la base de moyennes sur 12 mois glissants. Les évolutions du T3 2026 sont comparées au T2 2026. Le focus sur la concentration des offres en Île-de-France porte sur les 6,9 millions d’offres diffusées de janvier à septembre 2026.