Marché de l’emploi S1 2026 : la baisse des recrutements ralentit, la concurrence s’intensifie
Chaque trimestre, Hellowork, premier acteur digital français de l’emploi et du recrutement, publie son baromètre afin de décrypter l’évolution du marché du travail.
Au premier semestre 2026, 4,6 millions d’offres d’emploi (CDI, CDD, intérim et alternance confondus) ont été diffusées sur la plateforme, en baisse de 9 % par rapport au second semestre 2025, sur la base d’indicateurs désormais lissés sur 12 mois glissants. Après un premier trimestre 2026 marqué par un recul de 4,9 % des offres, le ralentissement se stabilise au printemps, le deuxième trimestre affichant un repli de 4,1 %. Les données mensuelles laissent toutefois entrevoir un début d’accalmie, avec un recul limité à 0,8 % en juin.
Dans le même temps, la baisse des recrutements intensifie la concurrence entre candidats : le nombre de candidatures par offre progresse de 18 % par rapport au premier semestre 2025.
Parmi les enseignements à retenir :
- Le ralentissement du marché se poursuit, avec 4,6 millions d’offres diffusées au premier semestre (-9 % vs S2 2025), mais les derniers mois laissent entrevoir un début de stabilisation.
- Le CDI reste le contrat le plus touché (-13 %), tandis que les CDD limitent leur baisse (-4 %). L’intérim (-6 %) et l’alternance (-7 %) poursuivent également leur repli.
- Toutes les régions sont concernées, mais la Bretagne (-5 %), la Bourgogne-Franche-Comté (-6 %) et les Pays de la Loire (-7 %) résistent mieux que la moyenne nationale.
- La santé et le service à la personne continuent de soutenir le marché, tandis que les fonctions commerciales (-15 %) et industrielles poursuivent leur recul.
- Le rapport de force évolue en faveur des recruteurs, avec 18 % de candidatures supplémentaires par offre et une hausse de la concurrence dans près de neuf métiers sur dix.
Si les derniers indicateurs laissent entrevoir une stabilisation, le véritable enjeu sera de recréer, à l’horizon des échéances de 2027, un cadre stable et favorable aux investissements des petites comme des grandes entreprises. C’est cette confiance qui permettra de relancer les créations de postes, de favoriser la mobilité professionnelle des salariés en poste et d’offrir davantage d’opportunités aux personnes en recherche d’emploi.
Un marché toujours en recul, mais des signes d’accalmie au printemps
Le marché de l’emploi confirme au premier semestre 2026 la tendance engagée depuis le début de l’année 2025. Avec 4,6 millions d’offres diffusées, les recrutements reculent de 9 % par rapport au second semestre 2025.
Après un premier trimestre marqué par une baisse de 4,9 %, le ralentissement perd en intensité au printemps avec un deuxième trimestre en repli de 4,1 %. Les données mensuelles confirment cette tendance : après un mois de mai encore en retrait, le recul n’est plus que de 0,8 % en juin, son niveau le plus faible depuis plusieurs mois. Sans traduire une véritable reprise, cette évolution pourrait marquer une phase de stabilisation des intentions de recrutement, dans un contexte où les entreprises restent prudentes face aux incertitudes économiques.
Le CDI reste le contrat le plus pénalisé
Comme observé depuis plusieurs trimestres, les entreprises privilégient les formes d’emploi les plus flexibles. Le CDI accuse le recul le plus important (-13 %), illustrant une prudence persistante sur les recrutements durables. L’intérim diminue de 6 %, conservant son rôle traditionnel de variable d’ajustement. Les CDD résistent davantage (-4 %), tandis que l’alternance poursuit son ajustement (-7 %), dans le prolongement des effets de la réforme du financement de l’apprentissage.
Un ralentissement généralisé, mais des écarts régionaux qui se creusent
La géographie de l’emploi évolue peu au premier semestre 2026, mais le ralentissement touche désormais l’ensemble du territoire. L’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes restent les deux principaux bassins d’emploi du pays, avec chacune 15 % des offres diffusées sur Hellowork. Elles devancent la Nouvelle-Aquitaine (10 %), les Pays de la Loire (9 %) et le Grand Est (8 %). Si la répartition des recrutements demeure globalement stable, les évolutions sont en revanche très contrastées d’une région à l’autre.
L’Île-de-France reste la première région recruteuse en volume mais enregistre l’une des baisses les plus importantes (-12 %), notamment sous l’effet du recul des recrutements dans le commerce, la comptabilité ou certaines activités industrielles comme la pharmacie.
Deuxième région française en volume d’offres, l’Auvergne-Rhône-Alpes limite la baisse à -8 %.
La Bretagne affiche la meilleure résistance (-5 %), devant la Bourgogne-Franche-Comté (-6 %) et les Pays de la Loire (-7 %), notamment grâce à des besoins qui demeurent soutenus dans les métiers de la santé et du médico-social.
À l’inverse, la Normandie (-12 %), le Grand Est (-10 %) et les Hauts-de-France (-10 %) figurent parmi les régions les plus impactées.
La santé et les services à la personne résistent, la plupart des autres fonctions reculent
Dans un marché de l’emploi qui ralentit, les métiers de la Santé / Social sont les seuls à afficher une dynamique positive, avec une progression de 3 % au premier semestre 2026. Les Services à la personne et aux entreprises font également preuve de résilience en restant stables malgré le contexte. À l’inverse, le recul des recrutements touche la majorité des autres fonctions. Les métiers commerciaux poursuivent leur baisse (-15 %), tandis que les fonctions de techniciens et d’ingénierie industrielle reculent de 17 %. Les plus fortes diminutions sont observées dans la restauration, le tourisme et l’hôtellerie (-30 %), devant les bureaux d’études et la R&D (-19 %).
L’intérim reste largement dominé par le BTP et l’industrie. Avec 23 % des offres chacun, le BTP/Construction et la Production/Maintenance industrielle demeurent les deux principales fonctions recruteuses au premier semestre 2026. Si elles restent orientées à la baisse (-7 % et -6 %), leurs dynamiques diffèrent. Le BTP montre quelques signes d’amélioration au deuxième trimestre, notamment en juin, en parallèle de la reprise des mises en chantier dans le logement neuf. Côté industrie, le ralentissement se poursuit, mais certaines filières, comme l’aéronautique ou l’automobile, résistent mieux que la moyenne. La logistique complète le podium des fonctions les plus recherchées en intérim, avec 16 % des offres (-5 %).
Un marché qui se détend pour les recruteurs, une concurrence qui s’intensifie pour les candidats
Le principal enseignement de ce premier semestre concerne l’évolution de la tension sur le marché. Le nombre de candidatures par offre augmente de 18 % par rapport au premier semestre 2025. Cette progression concerne 88 % des fonctions, mais avec des écarts importants selon les métiers.
Les fonctions tertiaires sont celles où la concurrence augmente le plus :
- Distribution : +57 %
- Vente : +56 %
- Ressources humaines : +38 %
Dans ces métiers, la hausse s’explique à la fois par une augmentation du nombre de candidats et par une diminution des offres disponibles. À l’inverse, les métiers structurellement en tension restent relativement épargnés. Le BTP demeure quasiment stable (+9 %) et les métiers de la Santé / Social voient même leur tension légèrement diminuer (-2 %), signe que les difficultés de recrutement persistent malgré le ralentissement général.
Dans le détail des métiers, les auxiliaires de vie, collaborateurs comptables, aides ménagers, infirmiers et gestionnaires de paie figurent parmi les profils les plus recherchés en CDI au premier semestre 2026, confirmant la place prépondérante des métiers du soin, des services et des fonctions de gestion.
En intérim, les besoins restent concentrés sur les métiers opérationnels, avec en tête les opérateurs de production, les caristes, les infirmiers, les maçons et les électriciens.










